Je ne suis pas un écologiste chevronné. J’entends par là que, si j’ai pleine conscience de cet enjeu majeur, je ne me sens pas suffisamment expert pour pouvoir prétendre être compétent.
Bien évidemment, j’ai quelques notions, comme la plupart des citoyens. Mais je suis bien incapable de distinguer clairement les contours globaux d’un monde qui serait suffisamment respectueux envers la nature pour garantir la prospérité infinie de l’homme.
Du coup, quand, dans un débat politique, la question de la position à avoir sur le changement climatique est posée, je suis bien incapable de répondre par des considérations scientifiques.
Pour autant, est-ce vraiment à moi, citoyen qui fait une réflexion politique, de statuer sur l’opportunité,
ou non, d’intervenir face aux changements climatique ? Est-ce à moi, politique, de dire si se phénomène existe, si il est du fait de l’homme, si on peut le combattre et si il faut le
combattre ?
D’une manière plus générale, j’ai tendance à trouver que, lorsqu’on prétend faire de l’écologie en politique, on se concentre trop souvent sur des débats techniques, sur des querelles d’expertises, sur des oppositions de théorie scientifique…
«- Les argocarburants, c’est bien parce que si et ça…
- Mais non ! Les argocarburants, c’est mal, comme le montre l’étude du bidule chose
truc…
- Les OGM, c’est dangereux, c’est démontré par machin….
- C’est faux, telle agence à prouvé l’innocuité, et bla bla bla… »
En titre (racoleur) je demande si l’écologie a bien sa place en politique. Et bien je pense que ce type
d’écologie, celle que je viens de décrire, n’a rien à y faire !
Je pense que le politique n’est pas là pour prendre la place des scientifiques, qu’il doit laisser ceux-ci travailler et se quereller tranquillement, qu’il doit se fier à ce qu’il en ressortira.
Ce n’est pas au politique d’affirmer la validité, ou non, de considérations scientifiques, fussent-elles écologiques.
Que les scientifiques ne soient pas tous d’accord entre eux, c’est tout à fait normal, y comprit sur la question climatique.
En effet, contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, la science est une discipline qui n'est pas sensée présenter une vérité incontestable.
La vérité scientifique n'est que la photographie, à un instant précis, d'un rapport de force entre théories contradictoires qui, par la supériorité quantitative et qualitative très majoritairement reconnue de l'une d'entre elles, donne lieu à un consensus en faveur de cette dernière.
La science ne dit pas "Voilà ce qui est vrai !", elle dit "Voilà, pour une majorité d'entre nous, la meilleure théorie dont nous disposons.".
Il y a, dans la science, l'idée que l'on est toujours en recherche et que tout peut être remis en cause, pourvu que ce soit suffisamment motivé et étayé.
Dans le cas du réchauffement climatique, le consensus ultra majoritaire est celui de son existence et d'une influence de l'homme sur celui-ci. Que certains scientifiques pensent le contraire me parait normal, pour ne pas dire tout à fait sain. Pour autant, le politique n’a pas à se poser la question, ce n’est pas, à mon sens, son domaine de compétence. Le politique doit se contenter de suivre les avis des scientifiques.
Cela ne veut pas dire que le politique n’a pas son mot à dire en matière d’écologie, bien au contraire ! Seulement, plutôt que de s’attarder à vouloir trancher sur des querelles scientifiques, il ferait mieux de s’attacher à favoriser l'indépendance, le sérieux et la capacité d'autocritique du monde scientifique.
Tenir la recherche loin des lobbys, financer suffisamment, veiller au respect des protocoles de validation des théories scientifiques, garantir l’existence de recherches contradictoires, assurer la diversité de publication, mettre en place des systèmes de contrôle éfficaces, faire respecter le principe de précaution …
C’est là, à mon sens, que le politique doit voir son travail écologique, ainsi que dans l’application et l’adaptation des consignes des scientifiques, pas dans des débats qu'il faut laisser aux chercheurs.