Il y a peu, j'ai assisté à un mariage civil qui a eu lieu à Bourges. Les deux mariés étant athées, ils ont décidé de ne passer que par la cérémonie
civile. J’avoue avoir été surpris, voir choqué, de la froideur administrative de celle-ci. En effet, j’ai clairement eu l’impression qu’il s’agissait ici de marier à la chaîne les couples,
laissant, après la signature des deux époux, un arrière goût de simple formalité administrative, comme si on était juste venu refaire sa carte d’identité.
Pour être tout à fait franc, c’était triste.
Je ne veux pas ici blâmer l’adjointe présente, ni l’officier, ni même son assistante, je comprends parfaitement que le nombre de mariages programmés en une seule journée ne permet pas de s’étendre. D’ailleurs, tous n’ont fait que respecter une mise en scène tout à fait classique qui n’a sans doute pas à rougir avec ce qui se fait dans d’autres villes.
Simplement, comme je suis encore jeune, les seuls souvenirs de mariages civils dont je disposais, avant celui de Bourges, provenaient tous de mariages à la Chapelle Saint Ursin.
Le Maire, Yvon Beuchon, a l’habitude de préparer à l’avance un discours élaboré et étoffé, entièrement personnalisé par rapport aux futurs mariés qui se présentent devant lui. La simple formalité administrative devient alors une véritable cérémonie, qui dure assez longtemps pour « marquer le coup » et rester à jamais gravé dans les mémoires des époux comme un moment clé de leur union.
Il faut dire que Mr Beuchon part avec des avantages irréfutables : la taille de la ville lui permets de bien connaître une grande partie de ses administrés, il n’y a pas d’impératifs temporels et l’homme dispose de qualités d’orateur et d’humoriste qui ne sont pas données à tous.
Je ne suis pas ici pour faire des reproches à la mairie de Bourges, elle n’y est pour rien !
La question est plutôt de savoir si l’actuelle cérémonie du mariage civil ne pourrait pas être étoffée par des ajouts de rituels laïcs, aptes à pouvoir remplacer l’impact d’un rite religieux dans l’esprit de citoyens non croyants.
En effet, je suis de ceux qui pensent que les rituels jouent un rôle important dans une société. D’un point de vue purement ethnologique, il n’est d’ailleurs pas difficile de prouver l’importance des rîtes de passage pour la construction individuelle et collective.
Lorsque des catholiques se marient à l’église, ils officialisent leur union par un rituel marquant, un point de repère, une borne sur le chemin de leur vie. Les athées et les agnostiques n’ont, hélas, pas cette chance ! C’est d’ailleurs parce que le monde laïc ne leur propose pas d’équivalent qu’on les voit parfois se marier quand même à l’église, malgré un manque de foi caractérisé.
Pourquoi ne pas imaginer, en ce cas, que la république, soucieuse d’accompagner ses citoyens, puisse proposer aux futurs époux qui le désirent des cérémonies ritualisées et laïques ?
Ce sujet n’est, je vous l’accorde, pas nouveau. Nombreux sont les militants de la mise en place de cérémonies républicaines à divers moment e la vie d’un citoyen. On peut cité le travail des loges maçonniques, et notamment les propositions du GODF. Mais cette question est aussi souvent abordée dans les « think-tanks » politiques comme un moyen de renforcer la citoyenneté, sans parler des non-croyants qui aimeraient avoir une belle cérémonie laïque.
Actuellement, le sujet est abordé par la commission programmatique Laïcité du MoDem, (commission dont je suis membre). Même si le sujet n’est sans doute pas des plus urgents, j’avoue que l’expérience du mariage civil berruyer va me pousser à m’intéresser plus profondément à la question.
En tous cas, je sais que pour mon futur mariage, étant agnostique, je ferai mon possible pour que la cérémonie civile ait lieux à la Chapelle Saint Ursin… Espérons qu’Yvon Beuchon soit encore maire d’ici là !
Le baptême républicain reste aussi une cérémonie importante peu connue et peu organisée. La solution serait de redonner un nouveau souffle à ces deux cérémonies. Il serait bon de le proposer aux maires du département. A Bourges, je suis partisan pour le mettre en place d'une autre façon avec un cérémonial sérieux mais festif dans l'esprit de la République.
Salutations républicaines
Aymar de Germay, Maire de Marmagne
je souhaiterais aussi attirer le débat sur un autre terrain. Je suis en train d'envisager un PACS avec mon compagnon (puisque le droit au divorce se fait toujours attendre pour nous autres homos ^^) et j'ai cru lire (je ne m'y suis pas encore penché sérieusement) que le PACS se signait en semaine au tribunal d'instance. Si tel est bien le cas j'en viens à rever d'avoir mon 1/4h vite torché mais au moins un samedi dans le cadre sympathique de la mairie de bourges !!
Mais à quand une union civile valable pour tous les citoyen(ne)s ?
Et pourquoi pas, plus simplement, un vrai mariage homosexuel ? J’y suis plutôt favorable.
"Pourquoi pas" ? Parce que je pense que le mariage est un modèle qui a fait son temps. Il ne correspond plus, d'après moi, aux attentes d'une bonne partie de la population actuelle qui est plus intéressée par des unions faciles (voir les chiffres du PACS) ou qui est amené à multiplier.
Je pense qu'un autre modèle est à inventer et tant qu'à faire, j'aimerais qu'il ne soit pas un bidouillage "ghettoisant" à l'intention des homos mais plutot une union "universelle". Ceci aurait en plus l'avantage de ne plus associer le terme mariage à l'union de deux personnes de mêmes sexes (ce qui est un frein pour un certain nombre de personnes ancrées dans la notion religieuse du mariage ... catholique ? je ne sais pas ce qu'il en est dans les autres relogions :s) et on pourrait au passage éliminer la notion d'adoption (homosexuelle) qui fait encore frémir dans les chaumières ...
En fait, je suis plutôt partisan d'un contrat d'union malléable au désir des parties, sans critère sexuel.
Quelque chose qui pourrait aller d'un PACS simplifié au mariage traditionnel.
C'est mon opinion, prise sur le fil. J'avoue que si j'ai réfléchi au caractère cérémonial du mariage, et notamment pour les athées et agnostiques, je n'ai pas pris le temps d'engager une profonde réflexion sur la partie purement contractuelle.